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2006-10-23 22:58:00 : Semi-Marathon de Lausanne, deuxième course d'Epitaphe.

Voilà donc qu'Epitaphe, encouragé par la bonne expérience du Morat-Fribourg, se décide à tenter un semi. Le choix de Lausanne semble s'imposer de lui-même. En effet, j'habite à 15 kilomètres de Lausanne, et l'occasion de pouvoir arpenter cette magnifique route du Lavaux sans automobiles est des plus séduisantes. Pour ceux qui ne connaissent pas, le Lavaux est une région viticole de Suisse romande où les vignes, taillées en terrasse dans la montagne, semblent plonger directement dans le lac Léman. Le parcours du semi longe le lac, il semble donc presque plat mais est en réalité constitué de multiples faux plats à faible déclivité qui finissent tout de même par être « casse-patte ».

Comme je débute en CAP, je ne me suis pas fixé de réel objectif chrono, le but premier étant de finir en courant, le deuxième de mettre, si possible, moins de deux heures. Je me retrouve donc à la Tour-de-Peilz, petite bourgade d'où part le semi et où les marathoniens font demi tour. L'ambiance m'amuse et même l'orchestre qui reprend quelques horribles fleurons de la chanson française n'arrive pas à émousser ma bonne humeur, pourtant je ne me portais pas si mal d'avoir oublié jusqu'à l'existence de Jean-Pierre Mader... Je me rend au départ un petit quart d'heure avant l'heure et là je suis sidéré de voir que la foule est déjà longue de plus de cinquante mètres. Vous êtes probablement habitués, mais moi pas encore, de même que les deux minutes et demi qui séparent le moment où je peux me mettre à courir du coup de feu me semblent une éternité.

Nous voilà donc parti. Je me suis fixé de courir le kilomètre en 5'42'' maximum si je veux arriver au-dessous des deux heures, et je suis extrêmement surpris en passant devant la première borne de n'avoir couru que 4'17''... Oui, j'ai beau eu lire vos conseils multiples sur ce forum et dans un ou deux ouvrages traitant de la CAP, je me fais entraîner, je suis sensible à l'effet de foule et ce sera ma quasi-perte, du moins la source de beaucoup de douleurs.

Le parcours fait une première boucle à travers le village avant de nous diriger vers Lausanne, la deuxième borne passe tout aussi vite et, insouciant j'avale les kilomètres en flirtant avec les 90% de FCM, je me sens tellement bien que je passe mon cinquième kilomètre avec plus de 4 minutes d'avance sur le programme. Le soleil brille, le panorama est splendide et, superman en puissance, je transcende les difficultés avec une aisance qui devrait pourtant me sembler suspecte. Dixième kilomètres, plus que deux minutes d'avance, je mets ça sur le compte des deux courts arrêts ravitaillement et des montées, la mauvaise foi que j'exerce à mon encontre ne connaît pas de limites. Au treizième kilomètres, je me rend enfin compte que, la température n'ayant pas brutalement chutée, il n'est pas normal d'avoir de frissons et la chair de poule au soleil par 20 C° quand on court. Je commence à m'inquiéter un peu, avale un tube « coup de fouet » et ralentit la moindre.

Quinzième kilomètre, le plaisir se mue lentement en cauchemar, la traversée de ces magnifiques villages du Lavaux que sont Cully et Lutry me semble interminable, les encouragements du public me sont douloureux et je n'ai plus que quelques secondes d'avance sur mon planning. Dix-neuvième kilomètre, une minutre de retard, je connais bien la fin du parcours, plat et petite descente, pourtant impossible d'accélérer, ma FC atteint 182 alors qu'elle plafonne à 185... Je n'ai plus la force de m'inquiéter, je suis un robot et même les ambulanciers penchés sur un participant manifestement mal en point ne m'émeuvent plus.

Ouchy, nom donnés au quartier du bord du lac de Lausanne apparaît, dans le lointain une sorte d'arche gonflée qui me emble indiquer la fin du calvaire, à défaut d'accélérer, je ne ralentis pas trop, je veux terminer cette course au pas de course et non en marchant, le passage sous l'arche m'en dévoile une deuxième, puis une troisième... Où donc est cette arrivée ?

Quelques mètres plus loins, mais je suis tellement grillé que je ne m'aperçois que vaguement que je la passe. Enfin l'arrivée, j'ai froid, depuis au moins six kilomètres, je me précipite sur tout ce que je trouve, jus d'oranges, Gatorade et autres boissons sucrées. J'en bois trop et me crée ainsi quelques souvenirs d'ordres gastriques qui occuperont la fin de mon après-midi. Mais je m'en f... je suis trop content d'avoir fini, et les dépassement de 2'37'' de la limite que je m'étais imparti ne me fait ni chaud ni froid, j'ai fini debout et en courant, lentement certes, mais en courant.

24 heures plus tard, les courbatures commencent à s'atténuer et j'ai bon espoir de pouvoir dormir, chose que je n'ai presque pas réussi à faire la nuit précédente. Semi succès donc, je suis content d'être arrivé au bout, mais, contrairement à ma précédente et première course, j'ai mal géré ma course. Il ne me reste plus qu'à en tirer les bonnes conclusions.

Les réactions

Par Neo, le 2006-10-24 00:06:51
C'est l'experience qui rentre !! Patience, chez certains elle a du mal a rentrer !! ;-)
Nos courses ont eu en commun de se passer au milieu des vignes, tu avais un lac, j'avais un etang, tu es parti d'une Tour, j'y suis arrivé..Mais par contre, j'ai pas eu de pb a dormir cette nuit !!! A priori, tu n'as pas assez bu et mangé sur ta course, d'ou les frissons, la sensation de froid et surtout, le mal a dormir .. le corp est mal, en deficit , et il le fait savoir !!
Le principal reste que tu soit quand meme content de ta course, et que tu ais envie de t'y refrotter !! :-D

Neo

Par coureurfou, le 2006-10-24 06:47:49
c'est intéressant ! autant j'avais pas mal géré mon premier semi, autant mon deuxième (montant et valloné) avait été une cata !!!un conseil : fait un 12-15 kms d'ici peu et gère-le, ça redonne confiance, et permet de se rendre compte des conneries qu' on a faites !!

Par alainP, le 2006-10-24 07:37:11
je fais mon deuxième semi dans quinze jours, et ton expérience me sera très utile.
Tu t'étais bien alimenté avant ?
Tu as appris plein de choses au cours de cette course. La prochaine, c'est quand ?

Par mielou, le 2006-10-24 08:57:43
courir dans un tel cadre
et le chrono devient superflu

Par grosours, le 2006-10-24 21:19:45
on peut lire beaucoup ( et c'est mon cass ) mais il a des trucs que l'on doit expérimennter soi même ! tu a trés bien analysé ton erreur d'llure sans laquelle tu serais passé sous les 2 heures. 4'17 c'est du 14 khm . 5'42 du 10.5 au dela de 10K ca pardonne pas. bravo d'avoir fini en courant c'est un acquis pour toi pour le marathon.

Par Epitaphe, le 2006-10-25 13:42:49
Merci pour vos commentaires et encouragements. Mes courbatures disparaissent assez vite et j'ai même réussi à courir 3/4 d'heures hier soir. A petite allure et avec une foulée extrêmement dure, mais bon, ça s'améliore...

@alainP Je me suis nourri essentiellement de lentilles, riz complet et légumes lors de la semaine qui précède. Une ou deux bières (sur la semaine, pas par soir...) pour me détendre et un peu de poulet.

Le matin du semi, je me suis levé tard, trois heures et demi avant le départ qui a eu lieu à 1330, et ai déjeuné d'un muesli. Ensuite, deux cafés une heure avant le départ, essentiellement pour accélérer le transit à effet préventif...

Merci encore de vos commentaires et encouragements.

Par Epitaphe, le 2006-10-25 14:07:47
Merci pour vos commentaires et encouragements. Mes courbatures disparaissent assez vite et j'ai même réussi à courir 3/4 d'heures hier soir. A petite allure et avec une foulée extrêmement dure, mais bon, ça s'améliore...

@alainP Je me suis nourri essentiellement de lentilles, riz complet et légumes lors de la semaine qui précède. Une ou deux bières (sur la semaine, pas par soir...) pour me détendre et un peu de poulet.

Le matin du semi, je me suis levé tard, trois heures et demi avant le départ qui a eu lieu à 1330, et ai déjeuné d'un muesli. Ensuite, deux cafés une heure avant le départ, essentiellement pour accélérer le transit à effet préventif...

Merci encore de vos commentaires et encouragements.

Par poca74, le 2006-10-29 18:20:46
Bravo pour avoir terminé cette course. C'est un semi exigeant et c'est vrai qu'il est difficile de ne pas se laisser entrainer par la foule (ceci est valable pour toutes les courses). Tu as toujours envie de te dire ah ben si cette fois c'est la bonne, tu essaies de te convaincre que tu as nettement progressé (j'ai toujours cet espoir) et puis ben non, pas forcément -enfin pas autant que secrètement souhaité:-(
Il est vrai que sur des distances plus courtes cela peut passer, mais au delà de 10-15km c'est une autre histoire.
Pour ce qui est de ta sensation de froid, je l'attribuerais plutôt à la déshydratation (il faisait 20 degrès sous le soleil et sur béton).
Bonne suite de récup'!

Par ezahe, le 2006-11-01 13:46:15
C'est rassurant de me rendre compte que je ne suis pas la seule à avoir souffert pour un semi!...
Moi aussi je me suis grillée en allant trop vite sur les 10 1ers km.
Les suivants ont été un enfer et j'ai bouclé mon 1er semi en 2h05mn56s.
Je recommencerai,c'est sûr!
Les paysages doivent être magnifiques à Lausanne!Je connais un peu, j'ai travaillé en Suisse en 1998.
Mon 1er semi était le St Pol-Morlaix en Bretagne!
Bonne continuation à toi!

Par magicg, le 2007-09-08 12:21:28
bon, je vais faire le semi-marathon à Lausanne en six semaines. J'avais commençé à m'entrainer pour le marathon mais je ne suis pas encore là. 6 mois de course après un arrêt complet est trop court.
Aujourd'hui j'ai déjà fait le parcours en me disant de le faire en 2h. Mais comme je me sentais très bien j'ai accéléré un peu dès le début et je l'ai fait en 1h41... J'avais la chance qu'il ne faisait pas trop beau ce matin car il est vrai que c'est un semi exigeant car il est très exposé au soleil. J'espère qu'il fera a peu près le même temps dans six semaines..

Par nopseudo, le 2010-03-26 20:16:29
Si vous avez vraiment envie d'être performant lors de votre marathon, cliquez sur ce lien:
http://www.youtube.com/watch?v=-RrOnC1gd60
et vous ne serez pas déçu, sauf si vous manquez gravement d'humour.

Bonne continuation! et comme dit le proverbe: mieux vaut une tortue à l'arrivée qu'un lièvre dans le fossé

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2006-10-04 00:24:38 : Morat-Fribourg, première course d'Epitaphe. - 0 photo - 6 réactions

Pour me lancer dans le difficile exercice du blog, je vais me frotter à une tentative de compte-rendu du Morat-Fribourg tel que je l'ai vécu, ma toute première course.

Pour ceux qui l'ignoreraient, cette course est assez populaire en Suisse, elle commémore un événement de l'histoire suisse. Les Confédérés ont affrontés, lors de la bataille de Morat en 1476, les troupes de Charles le téméraire. Un soldat a couru jusqu'à Fribourg portant un rameau de tilleul pour y annoncer la victoire. Un fois arrivé il s'effondra et un tilleul poussa sur le lieu même. Cette histoire locale rappelle quelque peu celle de Marathon. La première course eu lieu en 1933 et elle a eu lieu chaque année depuis, se transformant en exercice militaire pendant les périodes de guerre.

Tout ça pour dire que l'engouement populaire dont bénéficie cette course restera un souvenir fort dans ma mémoire. En effet, sur toute la longueur du parcours de 17 km et 170 mètres, les spectateurs plus ou moins agglutinés encouragent les participants en criant, tapant dans les mains ou à l'aide de bruyants toupins (grosses cloches traditionnelles dont on équipe les vaches pendant les périodes de montée à l'alpage et de désalpe). Le tout par une pluie battante. Peut-être qu'après ma dixième course je verrai que l'engouement est pareil partout, mais toujours reste-il que ça m'a impressionné.

Je me suis donc retrouvé dans le bloc H, à attendre le départ après dix petites minutes d'échauffement. Il pleut beaucoup, je suis trempé, j'ai froid et le départ n'aura lieu que dans dix minutes, dur. Je me suis drogué avant de partir, à grand coup d'immodium pour échapper aux effets dévastateurs de la course à pied sur mon transit, à part ça, j'ai petidéjeuné deux heures et demie avant le départ et ai bu deux cafés, mes sensations sont bonnes, je devrais m'en sortir. Je calcul qu'avec une vitesse moyenne de dix km/h il me faut 1h 43min et 1 seconde pour le parcours. C'est donc la limite à ne pas dépasser que je me suis fixée, en effet, une double périostite m'a empêché de m'entraîner comme prévu durant le mois de septembre. Donc, à chaque kilomètre indiqué mon chronomètre doit indiquer un multiple de six minutes.

Départ, faux départ en fait, le coup de feu est parti avec cinq secondes d'avance et le commentateur nous gratifie d'une énorme « shishtrak » au micro (le mot de Cambronne en Suisse-Allemand). Je suis la foule et me retrouve pris dans un bouchon, ce n'est qu'en approchant du deuxième kilomètres que je trouverai mon rythme, que j'aurai assez d'espace pour courir à mon aise. Je passe le deuxième kilomètre avec 11 min 40 sec, je suis dans les temps. Après ce deuxième kilomètre, la montée commence, pénible sous la pluie qui ne prend aucun répit. Le quatrième kilomètre, toujours en montée est passé à 24 minutes exactement, zut, le rythme ne suit pas. Le cinquième kilomètre me trouve clairement en retard, d'une vingtaine de secondes. Les chiffres me découragent, pas question d'abandonner, certes, mais je me déçois moi-même, d'autant plus que je tourne à 85% de ma fcm et que je n'ose pas augmenter de peur de ne pas tenir la distance. Je me force tout de même à m'arrêter quelques secondes au ravitaillement, j'ai soif et je veux suivre tous les conseils glanés sur le forum, ne pas me laisser déshydrater.

Au septième kilomètre, j'ai retrouvé mon avance de 20 secondes, le morale revient et je me permets même d'accélérer un peu pour me trouver au plus près du seuil de 85%. Le passage du départ de la course enfant (demi Morat-Fribourg, donc moitié de course) me permet de constater que j'augmente peu à peu mon avance. Mais je me méfie, on m'a parlé d'un mur, de la montée de la Sonnaz réputée difficile. En effet, le passage du douzième kilomètre (une minute quarante d'avance) est exactement au pied de cette montée. Le rythme se ralentit fortement, pas que le mien d'ailleurs. Le public est extraordinairement nombreux on se prendrait presque prendre pour des cyclistes sur l'Alpe-d'Huez... Cette montée est longue d'un bon kilomètre, et j'ai perdu toute mon avance, mais je suis dans les temps.

Je tente d'accélérer mais c'est dur, la montée a bouffé pas mal de mes réserves, le reste de la course sera dur pour moi, je ne réussirai pas à totalement récupérer de ce passage. En plus je réalise enfin d'où vient cette gêne ressentie depuis plusieurs kilomètres. Le froid de la pluie sur mes épaules occasionne un réflexe de contraction, je cours les épaules un peu bloquées, elles sont douloureuses à force, je tente en vain de les détendre. tant pis, il faut continuer. Heureusement, la douce descente des kilomètres suivants me permet tout de même de reprendre un peu d'avance. L'arrivée dans la ville me rassure, la traversée de la zone industrielle me permet de ne pas me laisser prendre à mes doutes consécutifs à ma fatigue. Puis, enfin la vieille ville, le franchissement des murailles, la cathédrale et les 600 derniers mètres de montée qui nous amène devant le défunt tilleul coupé il y a une vingtaine d'année. Ma fcm monte à 94%, mais je prends les risque, la banderole d'arrivée est devant mes yeux, je la passe et le chronomètres me donne vainqueur de 3 minutes et 17 secondes sur mon temps espéré. Je suis assez fier de moi, le premier avril, exactement six mois auparavant, j'avais réussi à courir 12 minutes non-stop après un long mois de mars consacré à des tentatives de course.

Je reviendrai l'année prochaine et je ferai mieux. En attendant, deux ou trois jours de récupération et je me lance dans la phase finale de la préparation du semi de Lausanne...

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