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2007-09-17 19:45:31 : Où cours-je I ? - 22 photos - 11 réactions

Belle sortie dominicale ce matin. But poursuivi, me faire plaisir et entraîner ma faculté au dénivelé positif. En effet, le Morat-Fribourg approche à grands pas et pour ceux qui ne connaissent pas cette course, elle monte, grimpe et dénivellepositive tant qu'elle peut.

http://www.morat-fribourg.ch/francais/default.aspx

Donc, sortie longue aux alentours de Morges, muni d'une gourde et d'un appareil de photo afin de partager quelques unes des beautés que mes runnings arpentent régulièrement aux quelques millions de lecteurs du forum.

But accessoire de cette sortie, affronter toutes mes côtes de la journée en restant entre 85 et 90 % de ma FMC. En effet, même si je suis plutôt content de la manière dont j'ai géré le précédent Morat-Fribourg, objet d'un précédent billet dans ce blog, l'essentiel de ma stratégie de course repose sur l'absolue nécessité de ne pas me griller trop vite, en particulier lorsqu'il nous faudra affronter le "mur" du 12ème kilomètre. Mur ici signifiant terrible montée d'un kilomètre et non hypoglicémie...

2007-05-13 13:47:30 : Douleurs sur el Camino - 0 photo - 11 réactions

Voilà Epitaphe qui tente de reprendre du service. Lorsque j'ai ouvert ce blog, je pensais surtout l'utiliser pour y mettre des CR de mes courses, cette intervention servira surtout à mettre le CR d'une non-course.

Passionné d'histoire et grand amateur de rando, je suis parti le 20 avril sur les chemins de Compostelle, pensant lier mes deux passions lors de ce pèlerinage. Décidé à faire les choses jusqu'au bout, j'ai commencé part aller à la messe de bénédiction donnée le matin du départ. C'est donc intronisé pèlerin par l'Evêque du Puy-en-Velay en personne, moi qui ai grandit dans les montagnes neuchâteloises, un fief du protestantisme des plus austère, que je me lance sur cette route historique. Je ne compte pas polémiquer ici sur les raisons religieuse ou non de se lancer sur ce chemin, ce n'est pas le propos de ce blog, je me contenterai de mentionner ma non-appartenance au club des batraciens de bénitier.

Cela dit, ce chemin est un pur morceau de magie, totalement hors du temps, jalonnés de magnifiques villages et de grands espaces, la traversée de l'Aubrac est juste sublime, et de rencontres des plus sympathiques et passionnantes. Rapidement le tutoiement est de rigueur, sur ce chemin on n'est plus concierge ou docteur mais tout d'abord pèlerin, malgré le flou artistique que ce terme impose, les motivations de chacun étant différentes et finalement rarement abordées, cachées sous une pudeur de bon aloi.

Les kilomètres s'accumulent, une trentaine par jour, un sac sur le dos, par des sentiers parfois difficiles, surtout lorsque la boue est de la partie. Rapidement une sorte d'antagonisme s'installe entre les purs et durs qui portent leurs sacs et les dits touristes qui se font transporter leurs sacs par des organisations qui ont vite compris qu'un business intéressant existe sur ce GR. Le stress de la journée est de trouver un gîte, certains pratiquant les réservations de longs mois à l'avance alors que d'autres, dont je fais partie, partent à l'aventure et ne s'arrêtent qu'une fois trop fatigués pour continuer. L'accueil est souvent extraordinaire, le statut de pèlerin donne droit à de bonnes surprises quotidiennes, tel le patron de ce bistrot de Eauze qui nous invite à pique-niquer dans son établissement, nous offrant une table dans un lieu chauffé et les couverts alors que l'on mangeait dehors sous la bruine. Qu'il soir remercié ici si par hasard il se connecte de temps à autres sur www.courespied.net.

Je suis parti seul sur le chemin, mais rapidement nous serons cinq à marcher ensemble, cinq personnes parties seules et qui au fil des jours formeront un vrai groupe, solidaire, lié et harmonieux.

Puis, le dix-huitième jours de marche, sans un jour de repos, une douleur se fait sentir, M... ma périostite se réveille. Je sers les dents, n'ayant aucune envie de quitter ce chemin, morceau de paradis égaré hors du temps, ni mes compagnons de route devenus au fil des jours de véritables amis. Le dix-neuvième jour sera terrible, 31 kilomètres avec une périostite à chaque jambe, chaque pas est douloureux, je m'appuie sur des bâtons, serrant les dents et me bourre d'anti-inflammatoires qui finissent par me bousiller l'estomac, mais je m'accroche encore, je ne veux pas lâcher mes amis. La nuit sera blanche, torturé par les douleurs de mes jambes, je ne fermerai presque pas de la nuit. Pire, lorsqu'un besoin dit naturel se fait sentir, je m'écroule en voulant me rendre au petit coin, mes jambes ne pouvant me porter.

Pourtant, je suis obstiné et le matin je repars après un petit dèj' constitué essentiellement d'anti-inflammatoires, mon estomac et mes jambes criant grâce. Mes chevilles sont gonflées, elle ressemblent presque à mes cuisses. Je marche courbé, appuyé sur mes bâtons pour soulager tant que possible mes jambes, je ferai 26 kilomètres ce jour là. La nuit qui suit sera semblable à la précédente, nuit blanche faite de douleurs et de cassage de g... lors d'appels de la nature. Je finirai par en passer une partie sur un banc à admirer les étoiles. Le matin, la décision s'impose petit à petit. Un pèlerin, médecin hollandais m'examine. Gentiment il m'explique que ce ne sont plus que de périostites dont je souffre, celles-ci sont compliquées de tendinites. Il me suggère gentiment que l'obstination est noble lorsque pratiquée avec mesure. Attristée par ma peine à quitter le chemin, il évite de me dire que je fais une vraie connerie, je le comprendrai seul... Quitter le chemin fut un déchirement, quitter mes amis fut pire, je les salue bien bas ici, chacun d'entres eux et les remercie pour tous ces moments de route partagés, les plats de pâtes préparés dans les gîtes et savourés autour d'une ou deux bouteilles de petit vin du pays traversé.

Il me faudra deux jours pour regagner la Suisse, auto-stop, puis autocar me seront nécessaires avant de pouvoir rejoindre une gare, celle de Toulouse où je devrai dormir (ou plutôt tenter de) faute de trains.

Voilà, 550 kilomètres en 19 jours de route derrière moi, me voilà de retour chez moi, marchant comme un vieillard arthritique alors qu'il y a peu j'arpentais el camino d'un pas sûr et le sourire aux lèvres. Repos total au menu et annulation de ma participation au marathon du Mont-Saint-Michel. Dommage, je trouvais que j'avais bien choisi mon site pour une première, mais je dois payer mon obstination...

2006-10-23 22:58:00 : Semi-Marathon de Lausanne, deuxième course d'Epitaphe. - 0 photo - 11 réactions

Voilà donc qu'Epitaphe, encouragé par la bonne expérience du Morat-Fribourg, se décide à tenter un semi. Le choix de Lausanne semble s'imposer de lui-même. En effet, j'habite à 15 kilomètres de Lausanne, et l'occasion de pouvoir arpenter cette magnifique route du Lavaux sans automobiles est des plus séduisantes. Pour ceux qui ne connaissent pas, le Lavaux est une région viticole de Suisse romande où les vignes, taillées en terrasse dans la montagne, semblent plonger directement dans le lac Léman. Le parcours du semi longe le lac, il semble donc presque plat mais est en réalité constitué de multiples faux plats à faible déclivité qui finissent tout de même par être « casse-patte ».

Comme je débute en CAP, je ne me suis pas fixé de réel objectif chrono, le but premier étant de finir en courant, le deuxième de mettre, si possible, moins de deux heures. Je me retrouve donc à la Tour-de-Peilz, petite bourgade d'où part le semi et où les marathoniens font demi tour. L'ambiance m'amuse et même l'orchestre qui reprend quelques horribles fleurons de la chanson française n'arrive pas à émousser ma bonne humeur, pourtant je ne me portais pas si mal d'avoir oublié jusqu'à l'existence de Jean-Pierre Mader... Je me rend au départ un petit quart d'heure avant l'heure et là je suis sidéré de voir que la foule est déjà longue de plus de cinquante mètres. Vous êtes probablement habitués, mais moi pas encore, de même que les deux minutes et demi qui séparent le moment où je peux me mettre à courir du coup de feu me semblent une éternité.

Nous voilà donc parti. Je me suis fixé de courir le kilomètre en 5'42'' maximum si je veux arriver au-dessous des deux heures, et je suis extrêmement surpris en passant devant la première borne de n'avoir couru que 4'17''... Oui, j'ai beau eu lire vos conseils multiples sur ce forum et dans un ou deux ouvrages traitant de la CAP, je me fais entraîner, je suis sensible à l'effet de foule et ce sera ma quasi-perte, du moins la source de beaucoup de douleurs.

Le parcours fait une première boucle à travers le village avant de nous diriger vers Lausanne, la deuxième borne passe tout aussi vite et, insouciant j'avale les kilomètres en flirtant avec les 90% de FCM, je me sens tellement bien que je passe mon cinquième kilomètre avec plus de 4 minutes d'avance sur le programme. Le soleil brille, le panorama est splendide et, superman en puissance, je transcende les difficultés avec une aisance qui devrait pourtant me sembler suspecte. Dixième kilomètres, plus que deux minutes d'avance, je mets ça sur le compte des deux courts arrêts ravitaillement et des montées, la mauvaise foi que j'exerce à mon encontre ne connaît pas de limites. Au treizième kilomètres, je me rend enfin compte que, la température n'ayant pas brutalement chutée, il n'est pas normal d'avoir de frissons et la chair de poule au soleil par 20 C° quand on court. Je commence à m'inquiéter un peu, avale un tube « coup de fouet » et ralentit la moindre.

Quinzième kilomètre, le plaisir se mue lentement en cauchemar, la traversée de ces magnifiques villages du Lavaux que sont Cully et Lutry me semble interminable, les encouragements du public me sont douloureux et je n'ai plus que quelques secondes d'avance sur mon planning. Dix-neuvième kilomètre, une minutre de retard, je connais bien la fin du parcours, plat et petite descente, pourtant impossible d'accélérer, ma FC atteint 182 alors qu'elle plafonne à 185... Je n'ai plus la force de m'inquiéter, je suis un robot et même les ambulanciers penchés sur un participant manifestement mal en point ne m'émeuvent plus.

Ouchy, nom donnés au quartier du bord du lac de Lausanne apparaît, dans le lointain une sorte d'arche gonflée qui me emble indiquer la fin du calvaire, à défaut d'accélérer, je ne ralentis pas trop, je veux terminer cette course au pas de course et non en marchant, le passage sous l'arche m'en dévoile une deuxième, puis une troisième... Où donc est cette arrivée ?

Quelques mètres plus loins, mais je suis tellement grillé que je ne m'aperçois que vaguement que je la passe. Enfin l'arrivée, j'ai froid, depuis au moins six kilomètres, je me précipite sur tout ce que je trouve, jus d'oranges, Gatorade et autres boissons sucrées. J'en bois trop et me crée ainsi quelques souvenirs d'ordres gastriques qui occuperont la fin de mon après-midi. Mais je m'en f... je suis trop content d'avoir fini, et les dépassement de 2'37'' de la limite que je m'étais imparti ne me fait ni chaud ni froid, j'ai fini debout et en courant, lentement certes, mais en courant.

24 heures plus tard, les courbatures commencent à s'atténuer et j'ai bon espoir de pouvoir dormir, chose que je n'ai presque pas réussi à faire la nuit précédente. Semi succès donc, je suis content d'être arrivé au bout, mais, contrairement à ma précédente et première course, j'ai mal géré ma course. Il ne me reste plus qu'à en tirer les bonnes conclusions.

2006-10-04 00:24:38 : Morat-Fribourg, première course d'Epitaphe. - 0 photo - 6 réactions

Pour me lancer dans le difficile exercice du blog, je vais me frotter à une tentative de compte-rendu du Morat-Fribourg tel que je l'ai vécu, ma toute première course.

Pour ceux qui l'ignoreraient, cette course est assez populaire en Suisse, elle commémore un événement de l'histoire suisse. Les Confédérés ont affrontés, lors de la bataille de Morat en 1476, les troupes de Charles le téméraire. Un soldat a couru jusqu'à Fribourg portant un rameau de tilleul pour y annoncer la victoire. Un fois arrivé il s'effondra et un tilleul poussa sur le lieu même. Cette histoire locale rappelle quelque peu celle de Marathon. La première course eu lieu en 1933 et elle a eu lieu chaque année depuis, se transformant en exercice militaire pendant les périodes de guerre.

Tout ça pour dire que l'engouement populaire dont bénéficie cette course restera un souvenir fort dans ma mémoire. En effet, sur toute la longueur du parcours de 17 km et 170 mètres, les spectateurs plus ou moins agglutinés encouragent les participants en criant, tapant dans les mains ou à l'aide de bruyants toupins (grosses cloches traditionnelles dont on équipe les vaches pendant les périodes de montée à l'alpage et de désalpe). Le tout par une pluie battante. Peut-être qu'après ma dixième course je verrai que l'engouement est pareil partout, mais toujours reste-il que ça m'a impressionné.

Je me suis donc retrouvé dans le bloc H, à attendre le départ après dix petites minutes d'échauffement. Il pleut beaucoup, je suis trempé, j'ai froid et le départ n'aura lieu que dans dix minutes, dur. Je me suis drogué avant de partir, à grand coup d'immodium pour échapper aux effets dévastateurs de la course à pied sur mon transit, à part ça, j'ai petidéjeuné deux heures et demie avant le départ et ai bu deux cafés, mes sensations sont bonnes, je devrais m'en sortir. Je calcul qu'avec une vitesse moyenne de dix km/h il me faut 1h 43min et 1 seconde pour le parcours. C'est donc la limite à ne pas dépasser que je me suis fixée, en effet, une double périostite m'a empêché de m'entraîner comme prévu durant le mois de septembre. Donc, à chaque kilomètre indiqué mon chronomètre doit indiquer un multiple de six minutes.

Départ, faux départ en fait, le coup de feu est parti avec cinq secondes d'avance et le commentateur nous gratifie d'une énorme « shishtrak » au micro (le mot de Cambronne en Suisse-Allemand). Je suis la foule et me retrouve pris dans un bouchon, ce n'est qu'en approchant du deuxième kilomètres que je trouverai mon rythme, que j'aurai assez d'espace pour courir à mon aise. Je passe le deuxième kilomètre avec 11 min 40 sec, je suis dans les temps. Après ce deuxième kilomètre, la montée commence, pénible sous la pluie qui ne prend aucun répit. Le quatrième kilomètre, toujours en montée est passé à 24 minutes exactement, zut, le rythme ne suit pas. Le cinquième kilomètre me trouve clairement en retard, d'une vingtaine de secondes. Les chiffres me découragent, pas question d'abandonner, certes, mais je me déçois moi-même, d'autant plus que je tourne à 85% de ma fcm et que je n'ose pas augmenter de peur de ne pas tenir la distance. Je me force tout de même à m'arrêter quelques secondes au ravitaillement, j'ai soif et je veux suivre tous les conseils glanés sur le forum, ne pas me laisser déshydrater.

Au septième kilomètre, j'ai retrouvé mon avance de 20 secondes, le morale revient et je me permets même d'accélérer un peu pour me trouver au plus près du seuil de 85%. Le passage du départ de la course enfant (demi Morat-Fribourg, donc moitié de course) me permet de constater que j'augmente peu à peu mon avance. Mais je me méfie, on m'a parlé d'un mur, de la montée de la Sonnaz réputée difficile. En effet, le passage du douzième kilomètre (une minute quarante d'avance) est exactement au pied de cette montée. Le rythme se ralentit fortement, pas que le mien d'ailleurs. Le public est extraordinairement nombreux on se prendrait presque prendre pour des cyclistes sur l'Alpe-d'Huez... Cette montée est longue d'un bon kilomètre, et j'ai perdu toute mon avance, mais je suis dans les temps.

Je tente d'accélérer mais c'est dur, la montée a bouffé pas mal de mes réserves, le reste de la course sera dur pour moi, je ne réussirai pas à totalement récupérer de ce passage. En plus je réalise enfin d'où vient cette gêne ressentie depuis plusieurs kilomètres. Le froid de la pluie sur mes épaules occasionne un réflexe de contraction, je cours les épaules un peu bloquées, elles sont douloureuses à force, je tente en vain de les détendre. tant pis, il faut continuer. Heureusement, la douce descente des kilomètres suivants me permet tout de même de reprendre un peu d'avance. L'arrivée dans la ville me rassure, la traversée de la zone industrielle me permet de ne pas me laisser prendre à mes doutes consécutifs à ma fatigue. Puis, enfin la vieille ville, le franchissement des murailles, la cathédrale et les 600 derniers mètres de montée qui nous amène devant le défunt tilleul coupé il y a une vingtaine d'année. Ma fcm monte à 94%, mais je prends les risque, la banderole d'arrivée est devant mes yeux, je la passe et le chronomètres me donne vainqueur de 3 minutes et 17 secondes sur mon temps espéré. Je suis assez fier de moi, le premier avril, exactement six mois auparavant, j'avais réussi à courir 12 minutes non-stop après un long mois de mars consacré à des tentatives de course.

Je reviendrai l'année prochaine et je ferai mieux. En attendant, deux ou trois jours de récupération et je me lance dans la phase finale de la préparation du semi de Lausanne...


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